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Infrastructures et cloud

Migrer vers le cloud : ce qu'il vaut mieux garder sur site

Le cloud tient ses promesses pour beaucoup d'usages, pas pour tous. Avant de migrer, il faut décider application par application ce qui part, ce qui reste sur site et ce qui doit d'abord être modernisé.

11 octobre 20263 min de lecture

Le « tout cloud » n'est pas une stratégie

Beaucoup d'organisations ont adopté une doctrine « cloud d'abord » et découvrent ensuite leurs factures. Selon le rapport State of the Cloud 2026 de Flexera, 29 % des dépenses d'infrastructure et de plateforme cloud sont gaspillées, un taux qui remonte après cinq années de baisse ; la maîtrise des dépenses reste, pour la troisième année consécutive, la première difficulté citée par les entreprises.

Le problème n'est pas le cloud, mais la décision prise en bloc. La bonne question n'est pas « cloud ou pas ? », mais « pour cette application, où est-elle la mieux placée, et pourquoi ? ».

Ce qui gagne presque toujours à migrer

  • Les environnements de développement et de test, que l'on allume à la demande et que l'on éteint le soir.
  • Les sites et applications exposés à une charge variable, qui profitent de l'élasticité.
  • Les sauvegardes externalisées et le plan de reprise d'activité, plus simples à mettre en œuvre hors de vos murs.
  • Les nouveaux projets conçus dès le départ pour le cloud.
  • Les outils collaboratifs proposés en SaaS, en choisissant une offre adaptée à la sensibilité de vos données.

Ce qu'il vaut souvent mieux garder sur site, au moins pour l'instant

  1. 1
    Les charges stables qui tournent en continuLe cloud facture à l'usage. Pour une application dont la charge est constante, jour et nuit, une infrastructure déjà amortie reste souvent moins chère sur cinq ans, exploitation comprise.
  2. 2
    Les applications liées au terrainProduction industrielle, équipements connectés, numérisation, téléphonie, client lourd qui dialogue en permanence avec un serveur de fichiers : la latence et les dépendances matérielles plaident pour la proximité.
  3. 3
    Les données soumises à des exigences de souverainetéLe décret n° 2026-272 du 14 avril 2026, pris en application de la loi SREN, impose à certains organismes publics d'héberger leurs données sensibles chez un prestataire qualifié SecNumCloud ou certifié selon le référentiel européen équivalent. Quand aucune offre qualifiée ne convient, l'hébergement sur site reste une option.
  4. 4
    Les applications anciennes non conçues pour le cloudDéplacer telle quelle une application vieillissante reproduit ses défauts, et coûte souvent plus cher. Mieux vaut la moderniser ou la remplacer d'abord.
  5. 5
    Les gros volumes de données très sollicitésLes frais de transfert pèsent vite. Le Data Act européen supprime à partir du 12 janvier 2027 les frais facturés pour changer de fournisseur, ce qui réduit le risque d'enfermement, mais les transferts liés à l'usage courant restent à chiffrer.

Une grille simple pour décider

Pour chaque application, quatre critères suffisent à éclairer la décision.

Critère 1
Coût sur cinq ans
Licences, hébergement, transferts, mais aussi exploitation et compétences : le prix d'une machine virtuelle ne dit rien seul.
Critère 2
Sensibilité
Nature des données, obligations réglementaires, exigences de vos clients ou de vos tutelles.
Critère 3
Dépendances
Latence, matériel local, interconnexions avec les autres applications, flux de données.
Critère 4
Capacité à exploiter
Compétences internes, outillage, suivi des dépenses : qui pilotera le cloud au quotidien ?

Chaque application se range alors dans l'une de cinq décisions : migrer telle quelle, moderniser puis migrer, remplacer par un service SaaS, garder sur site, ou retirer. Cette dernière case est rarement vide : un inventaire sérieux fait toujours apparaître des applications qui ne servent plus.

L'hybride, la cible la plus fréquente

Pour la plupart des organisations, la cible réaliste combine le cloud et le site. Elle demande de la cohérence : un réseau dimensionné, une gestion des identités unique, une supervision et des sauvegardes qui couvrent les deux mondes. Et, comme toute transformation, elle se conduit par lots, avec un calendrier et un avancement suivis.

Les erreurs fréquentes

  • Migrer sans avoir cartographié les dépendances entre applications.
  • Comparer le prix d'une machine virtuelle à celui d'un serveur, sans compter l'exploitation.
  • Oublier la réversibilité dans le contrat : comment récupérer ses données, dans quel format, à quel coût.
  • Laisser des ressources allumées sans suivi des dépenses ni responsable désigné.
  • Tout migrer d'un coup, au lieu de commencer par un premier lot à faible risque.

Par où commencer ?

Un audit court, mené avant toute décision, évite la plupart de ces écueils : inventaire des applications et des flux, modèle de coûts, scénarios et feuille de route par lots. C'est l'objet de notre Audit Infrastructure et cloud, que peut prolonger une migration pilotée par nos experts. Découvrez notre pôle Infrastructures, cloud et cybersécurité, et, pour conduire le programme, notre offre de pilotage de projets.

Sources

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